☂ DRÔLES DE MACARONS™


 
AccueilAccueil  CalendrierCalendrier  FAQFAQ  RechercherRechercher  MembresMembres  GroupesGroupes  S'enregistrerS'enregistrer  Connexion  

Partagez | 
 

 ARSÈNE ♣ le plus dur c'est pas la chute, c'est l'atterrissage.

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
Aller à la page : 1, 2  Suivant
AuteurMessage
Arsène M. D'Auzac

avatar

☎ Courriers : 29
☎ Arrivé(e) le : 31/08/2011
☎ Pseudo : touillou;
☎ Crédits : avatar;sterling ♣ signature;tumblr & lil wayne.
☎ Avatar : robbie wadge.♥

➽ PARIS MATCH
☎ Âge: 19 ans.
☎ Choses à faire:
☎ Les Affinités:

MessageSujet: ARSÈNE ♣ le plus dur c'est pas la chute, c'est l'atterrissage.   Jeu 1 Sep - 12:02

arsène maxandre d'auzac

« JE RESPECTE TON AVIS TU VOIS, MAIS EN MÊME TEMPS, C'EST PAS LE MIEN, DONC C'EST PAS LE BON. »

Voilà maintenant dix neuf ans que mes parents m'ont donné le nom de arsène maxandre théodore d'auzac. Je suis de nationalité française sans tout de même oublier que j'ai des origines françaises & britanniques. En ce moment, je suis célibatard. Depuis un peu plus d'un ans, je suis étudiant en médecine et malgré tout, je le vis bien. Même si ce n'est pas facile tous les jours. Je fais partie du groupe des salut les musclés et on me dit souvent que je ressemble étrangement à robbieSEXYwadge.





Dernière édition par Arsène M. D'Auzac le Dim 4 Sep - 18:59, édité 5 fois
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Arsène M. D'Auzac

avatar

☎ Courriers : 29
☎ Arrivé(e) le : 31/08/2011
☎ Pseudo : touillou;
☎ Crédits : avatar;sterling ♣ signature;tumblr & lil wayne.
☎ Avatar : robbie wadge.♥

➽ PARIS MATCH
☎ Âge: 19 ans.
☎ Choses à faire:
☎ Les Affinités:

MessageSujet: Re: ARSÈNE ♣ le plus dur c'est pas la chute, c'est l'atterrissage.   Jeu 1 Sep - 12:03

« C'EST SEULEMENT QUAND ON A TOUT PERDU QU'ON EST LIBRE DE FAIRE TOUT CE QU'ON VEUT. »
« chapitre un. »
« Toutes mes félicitations madame! Vous venez de donner naissance à de superbes jumeaux! » Génial, deux pour le prix d'un, pensa ma mère. Et sans ironie. Le pourquoi du comment est très simple à comprendre. Les d'Auzac, du côté de chez mon père, et les de Féraudy, du côté de chez ma mère, sont deux familles de sang noble ayant un penchant très prononcé pour le catholicisme. Alors la contraception, tout ça, basta. Faire des gosses, c'est bien. Si vous voulez, ces deux familles sont le prototype de celles qui font remonter le taux de fécondité de la France avec en moyenne six enfants par famille. Ainsi, mes parents ont eux-mêmes d'innombrables frères et sœurs. Et leur progéniture était censée suivre le mouvement! Cinq enfants minimum, je vous prie! Censée, je dis bien. Parce qu'en effet, s'il pleuvait des actes de naissances venant de toutes les alliances de leurs fratries, eh bien la leur... Ce n'était pas trop ça. Depuis qu'ils se connaissaient, ils n'avaient eu qu'une seule fille. Une seule, Anthéa. Autant vous dire que le couple Harold d'Auzac-Angélique de Féraudy était un peu la risée de tous. Pourtant, ce n'était pas de leur faute s'ils avaient quelques problèmes de fertilité... Mais voilà! L'arrivée de ces jumeaux leur sauvait un peu la mise, ils passaient d'un seul enfant à trois, et c'était sans compter sur leur beauté qui dépassait de loin celle de leurs cousins. « Harold, on appellera le premier Arsène Maxandre Théodore... » Moi, entre autre, né cinq petites minutes avant l'autre. « ...Et le deuxième se nommera Amaury Maxyme Thibault. » Mon frère, portant exactement les mêmes initiales que moi. Mais sérieux, comme si j'avais eu besoin d'un frère. D'un frère jumeau, plutôt. Je n'avais pas voulu qu'on scinde ma propre personne en deux. Je n'avais pas voulu de ce lien fraternel indestructible malgré moi. Je n'avais pas voulu qu'une partie de mon cœur vive dans un autre, et inversement, qu'une partie du cœur d'un autre vive en moi, quelle que soit la ressemblance physique qu'il put y avoir entre nous. Toutefois j'aimais ce double plus que ma propre vie avant même d'avoir ouvert un œil sur le monde extérieur. Nous n'étions même pas nés que nous partagions déjà tout. Pour le meilleur mais surtout pour le pire. Je dis ça aujourd'hui, mais au début, ça me plaisait, d'avoir un twin.

« chapitre deux. »

« Arsène, tiens toi droit. Et cesse de mettre tes coudes sur la table. Prends exemple sur ton frère, un peu! » Je fis la moue et imitai notre mère avec la voix que prennent les petites filles quand elles se moquent. Puis je reçus une claque, sous les yeux de mon candide frère, qui continuait de m'observer tout en mâchant ses légumes. Excessivement énervant. « Tu veux ma photo ou quoi, Amaury? »« Bah... Euh... Non... Enfin... »« Bon sang Arsène, j'espère que ce n'est pas à l'école qu'ils t'apprennent à parler comme ça! Excuse-toi auprès de ton frère immédiatement. » Je cherchai du secours dans les yeux de ma sœur. Lorsqu'elle croisa mon regard, l'assiette qu'elle n'avait pas touchée depuis le début du repas la captiva soudain. Sale lâche. « Pardon Amaury... » Pff... Des jumeaux. Nous étions physiquement identiques, mais c'était vraiment la seule chose que nous avions en commun. Rien qu'en maternelle, nous nous distinguions déjà par nos différences caractérielles frappantes; j'étais de ceux qui étalaient la peinture sur les murs plutôt que leur feuille, qui collaient les cheveux de leurs camarades, qui criaient et qui ne tenaient pas en place plus de dix minutes. Mon double était plutôt du genre calme et posé, poli, adorable avec tout le monde. Nous étions antithétique, et pourtant, Amaury n'arrêtait pas de me suivre. Il était toujours avec moi, nous étions inséparables. Il était prêt à faire tout ce que je lui demandais alors que je le taquinais tout le temps et il croyait tout ce que je lui racontais. Je lui aurais dit de sauter d'un pont pour me donner l'immortalité, il l'aurait fait si seulement je lui montrais un signe d'affection ensuite. J'avais remarqué dès mon plus jeune âge que j'étais le dominant et lui le dominé. Et je savais pertinemment que je pouvais tirer profit de cette situation à volonté. Mais bien sur, je ne "l'utilisais" qu'à des fins que je jugeais amusantes, des petites bêtises enfantines comme changer nos places, nos noms pour embrouiller les profs. Et nous nous amusions beaucoup. Sauf que les différences creusent toujours un fossé, aussi infime soit-il, et nous avions beau grandir main dans la main, nos chemins ont commencé à se séparer.

« Putain mais Amaury, qu'est-ce que tu foutais, ça fait une heure que je t'attends. »« J'ai dû amener... des choses... chez... des amis. »« Arrête de me prendre pour un con et dis moi la vérité. »« Mais je ne mens pas, Arsène... »« Écoute, ça me troue le cul de dire ça, mais on est jumeaux, Amaury. Tu ne peux pas me mentir. Je sais faire la différence quand tu me dis des cracks ou pas. En l’occurrence, là tu m'en dis. »« Je... Bon, ok... J'ai fais tous les devoirs de mes copains, et j'ai dû leur amener chez eux ce soir, pour qu'ils... »« C'est bon, j'veux pas en savoir plus. » Un silence s'installa entre mon frère et moi. Soudain, je plantai mon regard dans le sien, et bien sur, il l'esquiva. Ce genre de truc avait le don de me sortir de mes gonds. Je l'attrapai violemment par le col de son polo à cent balles et le forçai à me regarder. Je dus lui faire un peu peur, puisqu'un hoquet de surprise s'échappa de sa poitrine. « Bordel mais Amaury, t'oses les appeler "tes copains"? Tu te fous de ma gueule rassure-moi? Mais putain t'es pas un larbin, défends-toi un peu! Dis non! On est au collège, tu sais, je serai pas toujours là pour te sortir de la merde! » Je le relâchai. « Je suis pas comme toi, Arsène... »« Bah heureusement. Toi t'es rien qu'un gros boulet. »« Moi j'ai besoin de bosser dur pour obtenir mes notes. »« Où est-ce que tu veux en venir? »« Moi, j'arrive pas à me faire d'amis sans qu'on se serve de moi. Tu sais, "se faire respecter", bah moi, j'ai pas ça dans le sang. »« Arrête tes conneries, Am... »« Moi, je sais pas me battre, je suis timide, j'arrive pas à répondre ou à me laisser aller... »« Ferme ta gueule j'ai dis. »« Moi, j'ai besoin de toi Arsène pour... » Ma main s'envola pour s'écraser sur le visage de mon frère. C'était plus fort que moi. L'entendre parler comme ça me rendait dingue, parce qu'en quelque sorte, je me voyais à sa place et je me voyais tenir ses propos. Et moi, parler comme ça? C'était genre impensable. A présent, il était les genoux au sol, le regard orienté vers le bas, la paume contre sa joue rougie. Je poussai un soupire à la fois peiné et colérique, et repris, d'une voix plus calme. « Arrête de parler comme une meuf. Prouve-moi que t'es un mec, un peu, que t'as de la fierté. Que t'es mon frère, quoi. »« Arsène, viens par ici, il faut que je te parle. » Je me retournai vivement vers la porte. Anthéa. Qu'est-ce qu'elle foutait là? Et surtout, qu'est-ce qu'elle me voulait? Du regard, je la questionnai, mais sa réponse fut une œillade si sèche, que je ne répliquai pas. Docilement, quoi qu'ouvertement exaspéré, j'allai à sa rencontre, puis elle m'emmena dans sa chambre. « Tu l'as frappé. » Hein? « Tu as frappé Amaury. » Oh, ça. « Il l'a mérité. »« Il n'a rien mérité du tout. J'étais là depuis le début. » Non mais ça, c'était la meilleure. « Alors toi, tu trouves ça normal que des gars profitent de lui comme ça. »« Non. Mais il y a d'autres moyens autres que la violence pour lui faire comprendre qu'il ne doit pas se laisser marcher sur les pieds. » Mouais, peut-être. Un haussement d'épaule secoua mon corps, puis ce fut à mon tour de me prendre une gifle en pleine gueule. Eh mais d'où elle venait à me parler de violence? « Arrête de prendre cet air de je-m'en-foutiste, bordel! C'est ton frère, c'est ton jumeau! Et il t'aime, il t'aime comme personne d'autre, il donnerait sa vie pour toi, et toi, tu donnes l'air d'en avoir rien a cirer. »« Tu crois que je ne l'aime pas, c'est ça? Je l'aime sans doute plus que toi, Anthéa. »« Eh bien on ne dirait pas. Prouve-lui. Montre lui que tu tiens à lui. Prouve-lui qu'il n'est pas si médiocre qu'il le pense. »« Il se trouve... médiocre? C'est nouveau ça? »« Décidément, tu ne fais attention qu'à ta petite personne... Bien sur que face à toi, il se sent nul! T'as un Q.I plus élevé que la moyenne, donc sans bosser, t'obtiens des notes carrément correctes. T'as une belle bande de potes et toutes les filles te courent après. Tu sais, ta désinvolture, ton franc parlé, ta vulgarité, pour tout ça, il t'envie. Il t'admire. Il aimerait bien que tu sois fier de lui, que... »« Tu sais quoi? Moi aussi je l'admire. Moi aussi j'admire son calme, sa patience, sa politesse, sa gentillesse et sa sincérité dans ce monde d'hypocrites. J'aime sa faiblesse, sa vulnérabilité, sa débilité, sa naïveté, sa sagesse. Mais sans moi, si je ne le brutalisais pas un peu, ouvre grand tes mirettes, il serait juste une merde sur laquelle tout le monde marche. Je fais tout ça pour lui. »« Va lui dire tout ce que tu viens de me dire. »« Va crever. S'il est pas assez intelligent pour s'en rendre compte lui même, c'est pas mon problème. »« Il souffre de ton indifférence, Arsène. » Mon regard vint piquer celui de ma sœur, j'hésitai un instant, et finalement, laissai échapper; « Je n'ai jamais demandé un frère jumeau. » Non pas parce que ça me faisait chier de trainer Amaury derrière moi. Intimement, je savais que je l'aurais trainé jusqu'au bout du monde s'il avait fallu. Non, je disais ça parce que je lui faisais de la peine. Et c'était une chose que je ne supportais pas. Si j'avais été seul, je n'aurais blessé personne. S'il avait été seul, il n'aurait été blessé par personne. Et comme je ne pouvais pas disparaitre pour lui laisser le champ libre, que j'étais incapable de lui dire un misérable "je t'aime", et que j'ignorais comment m'y prendre avec lui, je n'avais rien trouvé de mieux que la froideur. « ...T'es un monstre, Arsène. J'arrive pas à te cerner. »« Je sais. Mais tu sais, Anthéa, si on s'admire tant mutuellement, c'est juste parce qu'en réalité, nous formons une seule et même personne. On ne peut pas se détester. Ce serait comme aimer le côté droit d'une pomme mais pas le côté gauche alors que la chair est identique des deux côtés. »« Je t'arrête tout de suite Arsène. Vous êtes deux personnes à part entière et vous vous aimez parce que vous vous complétez et parce que vous êtes frères. C'est différent. » Justement, nous étions beaucoup trop complémentaires et différents à la fois. Tellement que sans l'un, l'autre ne pouvait plus avancer. La seule divergence était qu'un laissait volontiers paraitre ce besoin tandis que l'autre préférait terrer cette évidence dans son orgueil.

« chapitre trois. »

« Arsène Maxandre Théodore, il faut que nous ayons une petite discussion. » Ma mère m'avait convoqué dans notre grand salon, celui qu'elle réservait pour les grandes occasions, pour les invités, ou encore pour les "petites discussions" qui n'ont rien de festives. En gros, je savais que je n'avais pas vraiment le choix et je la rejoignis. Elle était là, les fesses posées sur le siège son fauteuil à je ne sais combien d'euros, portant sur elle des habits et des bijoux d'une valeur équivalente. Ça avait l'air tellement banal, pour les gens de notre famille, de valoir des milliers. Je m'assis à ma place attitrée, et le regard de ma mère se figea dans le mien, vide d'expression. « A propos de quel sujet vouliez-vous me parler, mère? » Sans me lâcher des yeux, elle sortit de sa poche l'écusson de la famille d'Auzac, et celui des de Féraudy. Oui, mais encore? Mon regard fit des allers retours entre les blasons et ma procréatrice, intrigué. « Tu salis notre nom et notre sang, Arsène. » WTF? On était dans Harry Potter ou quoi? « Ton comportement n'est vraiment pas digne des d'Auzac. Tes enseignants nous rapportent, la familiarité, l'impertinence, l'inconvenance dont tu fais preuve pendant leurs cours. L'attitude déplorable que tu exhibes pour te rendre intéressant... Croyais-tu donc que ton père et moi resterions éternellement dans l'ignorance? Tu n'es également pas à la hauteur dans cette demeure. Tu laisses de côté les bonnes manières, tu t'exprimes parfois comme ces gens d'en bas... »« Je ne vous saisis pas, mère... » Si en réalité, je voyais tout à fait ce qu'elle voulait dire, mais qui ne tente rien n'a rien, n'est-ce pas? « Ne jouez pas à cela avec moi, Arsène. Si vous continuez ainsi, nous nous verrons dans l'obligation de prendre des mesures... » Elle me vouvoyait. Pas bon, pas bon du tout. « Quelle serait la nature de ces mesures, si je puis me permettre? »« La pension, mon très cher fils. » Pardon? « Vous ne pouvez pas me faire ça, mère. » "Vous ne pouvez pas me séparer d'Amaury, mère." « Eh bien je vous invite à changer vos habitudes dès maintenant, si cette idée vous déplait tant. Prenez exemple sur votre frère, regardez, tout lui réussit. Votre sœur est également brillante. Il ne manque plus que vous. » Amaury, Anthéa, Amaury, Anthéa... Je ravalai mes pensées précédentes. Qu'on m'éloigne de lui, tant pis. Comment mon frère pouvait-il se sentir médiocre alors que nos parents lui jetaient sans cesse des fleurs? Comment osait-il dire qu'il se sentait inférieur à moi alors qu'il était le trésor de nos parents, celui qui faisait leur fierté, l'unique des frères qui comptait à leurs yeux? Anthéa, et surtout Amaury, il n'y en avait que pour eux. Je ne sais pas ce qui se passa alors en moi, mais d'un bond, je me levai de mon siège, et foudroyait ma génitrice du regard. « En fait, j'en ai juste rien à foutre de ce que vous pouvez penser de moi. Si vous croyez que c'est votre putain de sermon qui me fera changer, vous vous trompez lourdement. Sur ce, je vais vous faciliter la tâche, mère, je me casse d'ici. » Sans laisser le temps à ma mère de répondre, je quittai la pièce en trombe en direction de ma chambre. Alors que je fourrais rageusemetn des affaires dans un sac, j'entendis une voix à travers la porte. « Arsène, ouvre moi... » Qu'il ne vienne pas me faire chier, lui. « Dégage. »« Je vais parler à maman, Arsène. Mais ne pars pas. Ne nous laisse pas, on a besoin de toi, nous. »« Je t'ai rien demandé, putain! »« Je resterai derrière cette porte jusqu'à demain matin s'il le faut. Pour m'assurer que tu ne prennes pas la poudre d'escampette une fois la nuit tombée. »« Tu me les brises sec, Amaury. Perds pas ton temps. » Et le pire, c'est qu'il tint parole. En pleine nuit, alors que je tentais en effet une escapade, la porte buta légèrement contre quelque chose et m'empêcha de l'ouvrir complètement. Je baissai les yeux et aperçus mon frère endormi. Quel con... « Allô Louis? Finalement, je viendrai pas squatter chez toi ce soir. (...) Ouais nan, en fait c'est mon imbécile de frère qui m'empêche de sortir. (...) Merci quand même, on s'voit plus tard. Salut. » Lentement, je m'agenouillai près du corps de mon jumeau, et l'observai. Mon double, sans parler, dans la même position, nous étions indistinguables. Ce gars là, c'était moi. Trait pour trait. Pourquoi je ne le poussais pas un peu pour l'enjamber et enfin foutre le camp de cette baraque? Parce que je ne pouvais pas me résoudre à le laisser là. Il affichait une force pourtant si faiblarde, que la simple idée de l'imaginer se réveiller et de se dire; "mince, encore un échec. je n'ai pas réussi à le retenir" me faisait mal au cœur. Je détestais ça. Mais pourtant, à ma plus grande stupeur, un sourire attendrit étira doucement mes lèvres. Je portai Amaury jusque dans son lit, embrassai son front comme un adulte embrasse son enfant, et repartis dans ma chambre, encore choqué de mon geste. Tellement que je confondis la voix de mon esprit avec celle d'Anthéa. « C'est ce qu'on appelle de la tendresse. » Ignorant ces paroles que je pensais venir de ma tête, je murmurai avec froideur que mes parents n'entendraient plus un seul son de ma bouche s'adressant à eux.

« chapitre quatre. »
« Mais regarde toi... Tu me fais vraiment pitié. »« Wesh sistah, zen lààààà. »« Qu'est-ce que t'as encore fumé? Et mens pas, ça sent à dix kilomètres à la ronde. »« Moi fumer? N'importe quoi. Ahzy, tu me connais. » D'un pas sur, elle se dirigea vers mon lit, souleva le matelas et extirpa les petits paquets d'herbe qui étaient, par mes soins, cachés entre les lattes. « Eeeeeh! C'est Amaury qui t'as dit où elle était?! »« Si je te dis que oui, t'iras encore le frapper, alors on va dire que non. » Ces mots claquèrent comme un coup de fouet dans l'air et eurent pour effet de me sortir de la sur-décontraction que provoquait la fumette. « T'es encore là dessus? »« Tu t'es pas assagi avec le temps, toi... Les parents t'ont avertis, maintes et maintes fois, et tu t'es pas amélioré. Au contraire, t'as régressé. »« Rien à faire des parents. »« Mais même Amaury et moi t'avons mis en garde. Tu sais que si t'es encore dans cette maison, c'est grâce à ton frère. »« Je l'en remercie. »« Depuis que t'es au lycée, t'en fais qu'à ta tête, tu dépenses ton fric dans tous les sens, tu fais toujours la fête, tu fumes des trucs pas toujours très clean, tu deviens un junkie et tu deviens un vrai connard avec tous les gens qui t'entourent. »« Fais pas genre toi t'es toute blanche. » Touchée, coulée! « Très bien. Enfonce toi dans les profondeurs de la connerie tant que tu veux, je t'aurais assez prévenu. Je te demande juste une chose. Ne tire pas Amaury vers le bas avec toi, OK? »« T'inquiète, j'y touche pas, à ton bébé. » Décidément, l'entente n'était pas au rendez-vous avec ma sœur Anthéa, mais nous avions le même but;protéger Amaury de sa fragilité mentale & physique. Des efforts qui, au final, n'aboutiraient à rien et qui n'auraient pour conséquence qu'une déchirure totale entre nous.

J'ouvris les yeux doucement accompagné d'un mal de tête qui défrayait la chronique. Gueule de bois, bonjour! Je me redressai, passai mes mains sur mon visage et balayai les lieux du regard, l’œil vitreux. Je connaissais cet endroit. Mais ce n'était pas chez moi. J'étais dans un lit, mais ce n'était pas le mien. Rassemblant toutes mes forces, les indexes et les majeurs appuyés sur mes tempes, je tentai vainement de me rappeler de la putain de soirée de la veille. De l'alcool. Avec excès. Du tabac, de l'herbe, trop de trucs fumables. De la drogue. Des dégâts. Beaucoup. Des cris, des rires, des couples qui se pelotaient dans les canapés, des cuvettes de toilette pleines de gerbe, des comas éthyliques, mon frère... MON FRÈRE? « Ah, bah tu es enfin réveillé... » Machinalement, ma tête pivota vers la source de cette voix lascive pour découvrir une jeune demoiselle (dont le nom m'échappait), simplement vêtue d'une nuisette, qui s'avançait en ma direction. Elle grimpa sur le lit, posa sa main sur mon torse et me poussa lentement vers l'arrière, aguicheuse au possible. Puis elle tenta de m'embrasser, baiser que j'esquivai de justesse. Elle foutait quoi, là, au juste? « Tu n'étais pas si timide, hier soir... » J'allais lui répondre quelque chose, quand soudain, l'image de mon frère à la fête d'hier me revint. Qu'est-ce qu'il faisait dans une soirée comme celle-ci? Je repoussai ma conquête, m'assis sur le bord du lit, lui lançai un coup d'oeil mielleux et soufflai doucement; « Dis moi, comment c'était, hier? » Je voyais que ma question la troublait un peu, elle se demandait si je parlais de la bringue ou de notre partie de jambes en l'air. Je lui fis comprendre que je ne parlais pas de la seconde proposition mais de la première.« Incontrôlable. Tout le monde était déchiré, c'était génial. »« Oh. Et, est-ce que tu te souviens de mon arrivée? J'étais accompagné? »« Pour m'en souvenir, ça oui! Tu as débarqué seul, mais au cours de la soirée, je t'ai vu avec un garçon qui je suppose était ton jumeau, et je me suis tout de suite dit; "ces deux là, il me les faut". Bon, je n'ai eu que toi, mais... »« Je lui ai dit quelque chose en particulier ou non? »« ...Pourquoi tu me poses toutes ces questions? » Ma voix se raffermit. « Pour une fois, rends-toi utile, tu veux, et réponds à ma question. »« Je ne sais plus... »« Arrête, j'ai bien vu que tu me pistais depuis le début. Tu as forcément entendu. » Non, pour être honnête, je n'avais rien vu du tout, mais je voyais qu'elle mentait, et là était ma technique pour lui faire cracher le morceau. J'étais passé maître dans l'art de la manipulation et de la persuasion, que voulez-vous. « ...OK... Bah, au début, tu avais l'air très mécontent de sa venue. Tu lui as dit un truc du genre;"qu'est-ce que tu fous là?" il semblait un peu perdu, vous avez longuement discuté, il a dit quelque chose comme;"je ne resterai pas dans tes pattes" et tu lui as répondu;"OK,mais tu fais attention à toi, et tu ne fais pas de conneries". C'est tout ce dont je me souviens. » Le con. Oh putain le con. Laisser Amaury seul dans un milieu pareil alors qu'il y entrait pour une des premières fois, c'était risqué. Il était tellement naïf. J'avais déjà un scénario en tête; Amaury voit un verre de coca, il le prend, il le boit presque cul-sec en se disant:"ce coca a un drôle de goût, il a certainement été mélangé avec un peu de vodka" sans se méfier. Alors il en reprend, il en reprend, et bim, l'ivresse est vite arrivée. « Mon frère, tu l'as revu, plus tard dans la soirée? »« Oui, il me semble... Quand on est montés ensemble dans la chambre. »« Il avait l'air comment? » Elle osa afficher un gigantesque sourire. Si je n'étais pas complètement en train de décuver, je lui aurais foutu une baigne en pleine gueule. « Aussi défoncé que toi. » Et là, je ne sais pas pourquoi, mais j'eus un très très mauvais pressentiment. Il se passait quelque chose du côté de ma moitié. Coup de pression. « Mon téléphone... Mon téléphone, putain! » Contre mon gré, le ton de ma voix vira au menaçant. « Où est mon téléphone...?! »« Je... Je sais pas... Dans ta veste, peut-être, tu veux que je t'appelle...? » Je n'eus même pas à acquiescer qu'elle s’exécuta. Et il s'avéra qu'effectivement, mon Blackberry était resté dans une poche de mon veston. Je l'attrapai, et... ONZE APPELS MANQUÉS: ANTHÉA. Merde, ça allait chier. « Connard! Qu'est-ce que tu faisais alors que je m'évertuais à t'appeler? Tu baisais?! Tu te remettais de ta cuite?! » Les deux? « Comment tu sais que j'étais à une fête hier? » Laissez moi deviner... « C'est Amaury. »« Il y était aussi. D'ailleurs, j'allais partir à sa recherche. »« C'est inutile, Arsène. Il est avec moi. A l’hôpital. »

« chapitre cinq. »
Je détestais la froideur des hôpitaux. Cette ambiance, cette tristesse palpable dans l'air, ça me dépassait. Et là, encore plus, car mon frère y était interné. Anthéa n'avait pas développé. Il était à l'hôpital, et je devais me ramener. Ce qui s'était passé? Je l'ignorais. Si c'était grave? Je l'ignorais également. Et ça me faisait très peur. A l'accueil, on m'indiqua la chambre numéro trente. Et devant la porte de cette fameuse chambre, les battements de mon cœur s'accélérèrent et mes mains se mirent à trembler lorsque j'en posais une sur la poignée. Respire. Reprends-toi. Mon poignet bascula, j'entendis le déclic du verrou, et la porte s'ouvrit. La première personne que je vis fut ma sœur, assise près d'Amaury, sa main dans la sienne. J'osais un coup d'oeil vers mon jumeau, coup d'oeil que je regrettai aussitôt. Son visage était tuméfié, bleuté ou rougi à certains endroits, un gros pansement entourait son crâne et il avait visiblement eu droit à quelques points de suture. « Tu ne te demandes pas ce qui s'est passé? »« Où sont les parents? »« Ils sont partis remplir des papiers. »« ...Que s'est-il passé? » Anthéa se leva et s'avança pour être face à moi, le plus près possible de ma personne. Elle planta son regard dans le mien pendant une bonne minute, sans un mot. J'avais beau la dépasser d'une tête, son visage était peint d'une telle colère que j'eus presque envie de m'écraser. « Après la soirée à laquelle tu étais aussi. Il était complètement bourré, il a prit un vélo pour rentrer à la maison, et il s'est fait renversé par une voiture. » Puis elle se jeta contre moi, pour la première fois de ma vie, sa rage laissant place à la peine. Surpris, je refermai maladroitement mes bras autour d'elle et posai mon menton sur le haut de sa tête. « Il a perdu beaucoup de sang... Lésions cérébrales... Il a perdu toutes ses sensations dans les jambes, donc il ne pourra pas marcher à nouveau avant longtemps... » Que devais-je répondre à cela? J'avais encore du mal à réaliser, en fait. « Ar... Ar... Sène...? T... Tu... es... là...? » Anthéa se détacha de moi et me poussa en direction du blessé. Mon frère. Mon petit frère. Je serrai la main qu'il me tendait et lui hurlai;"pourquoi t'es venu à la soirée d'hier?! t'es vraiment qu'un pauvre con! et puis t'es pas foutu de faire attention, de te démerder tout seul, normal que cette putain de bagnole t'ai pas raté!" non, en réalité, les mots se transformèrent en passant mes lèvres. Je serrai donc la main qu'il me tendait et lui chuchotai; « Pauvre con, j'ai bien eu les boules... T'en fais pas, ça va aller. J'suis là. » Faiblement, il esquissa un sourire. « Mon... fr... frère... A la vie... A la mort... » L'infirmière vint nous informer qu'Amaury avait besoin de repos et qu'il était préférable de le laisser seul un moment. Il protesta lui même, demandant que je reste. Évidemment, j'acceptai. Anthéa me laissa donc avec mon double, double qui ne tarda pas à s'endormir. Et le sommeil ne tarda pas à me happer également, ma main tenant fermement celle de mon frère, comme si j'eus craint qu'on me l'arrache. « ... 'sène... Arsène! Je prends le relai, rentre à la maison et va dormir. » J'ouvris les yeux au même endroit où je les avais fermés, dans la même position et dans les mêmes conditions. La situation me revint alors en tête. « Quel heure il est? »« Vingt deux heures. Lâche donc la main de ton frère et va à la maison. Je veille sur lui cette nuit. »« T'es sure? Enfin, tu sais, je peux rester... »« J'ai dit va récupérer. Les parents seraient heureux de te voir un peu, en plus. Crois-moi. » Sceptique, je finis tout de même par céder et je laissai mon frère aux mains d'Anthéa sans imaginer une seule seconde les événements qui allaient suivre.

« AAAAAH! » Violemment, je me redressai. Ma respiration était saccadée, une sueur froide et des soubresauts avaient pris possession de mon corps. Putain de cauchemar. C'était la deuxième ou troisième fois que je me réveillais cette nuit. Soufflant fort, trop fort à mon goût, je pris ma tête entre mes mains et tentai de me calmer. Concentre-toi, Arsène. Impossible. Une énorme boule était nichée dans mon ventre, et je ne parvenais pas à penser à autre chose qu'à Amaury. Il se passait quelque chose de mauvais à l'hôpital. Mon frère avait un problème. Il était sept heures du matin, en hâte, j'enfilai un jean et un t-shirt, quand soudain, la sonnerie de mon portable retentit dans la pièce. « Arsène... Je... Je... Je suis... Je suis... Je suis désolée... Am... Am... Amaury... Il... Il est... Il est... Il est mort... » Sans prendre le temps d'analyser ces mots, sans réfléchir, je courus. Je courus jusqu'à sentir tous mes muscles brûler, jusqu'à sentir dans mes veines de l'acide sulfurique à la place du sang, puis je courus encore et encore jusqu'à l'hosto. Putain de chambre trente. Putain de chambre trente. Je n'ouvris pas la porte, je la défonçai, et je vis Anthéa et mes parents en pleurs. Mon visage pivota vers le lit, où mon frère gisait, inerte. Le bip continu de la machine située à sa gauche me rappela les mots de ma sœur au téléphone. Il est mort. « Qui est l'enfoiré qui a buté mon frère? QUI EST L’ENFOIRÉ QUI A BUTÉ MON PETIT FRÈRE? » Je n'eus pour réponse que des regards larmoyants orientés vers le sol. Mes parents quittèrent la pièce, me laissant seul avec ma grande sœur. Elle murmura, d'une voix presque inaudible; « J'aurais dû aller le chercher quand il m'a appelé ce soir là... » Que venait-elle de dire? « C'est une blague, Anthéa?! C'est une putain de grosse blague destinée à me faire peur, n'est-ce pas?! » » Elle secoua la tête, douloureusement. « Il m'a appelé... Il m'a demandé de venir le chercher parce qu'il était saoul... Et j'ai refusé, putain! Cette nuit... Il allait bien! Je veillais sur lui... Et... Je me suis endormie... Et tout est allé si vite! Les docteurs ont débarqués... Ils avaient sous estimé l'origine de l'hémorragie, alors... Avec les lésions... Elle a reprit... Ils l'ont emmené en salle de réanimation... Mais... mais... c'était trop tard... » C'est un cauchemar, c'est un cauchemar dont je vais me réveiller. C'est certain. « POURQUOI T'ES PAS ALLÉE LE CHERCHER?! POURQUOI, MERDE?! »« Je lui avais dit de pas y aller... Je lui avais dit de pas te suivre... Et il l'a fait quand même... J'étais vexée qu'il préfère aller vers toi plutôt que de m'écouter moi... »« J'aurais dû rester avec lui cette nuit. Ils auraient peut-être pu le sauver si la personne qui était avec lui s'était rendue compte qu'un truc tournait pas rond. »« Ne fais pas comme si c'était de ma faute! Moi, je lui ai toujours tout donné! Quand tu le rejetais, c'était moi qui le ramassais, quand il allait mal, c'était moi qui l'écoutais, toi, t'as jamais été foutu de lui dire que tu l'aimais, t'as jamais été foutu de lui montrer le moindre signe d'attention ou d'affection. Et malgré tout, tu passais avant moi. S'il est allé à cette putain de fête, c'était pour voir comment tu vivais, pour en apprendre plus sur toi, et s'il a bu un peu, c'était pour que tu le remarques. Tu lui as jamais prouvé que t'étais fier de lui, alors que si tu lui avais déjà démontré tout ça, il serait pas allé là-bas! »« Tu as laissé mourir mon petit frère. Tu aurais pu éviter ça en allant le chercher, mais non, par jalousie, tu l'as jeté en pâture à la mort. »« Tu as laissé Amaury mourir persuadé que son frère adoré ne l'aimait pas. »« Si tu ne l'avais pas couvé autant, il aurait pu grandir tranquillement, découvrir un peu les effets de l'alcool, découvrir "ce monde". Hier, il est arrivé en terres inconnues sans savoir comment s'y prendre. Il connaissait pas ses limites puisqu'il ne les avaient jamais testées. C'est comme le vélo, ça s'apprend petit à petit, là, c'était comme si tu l'avais forcé à faire des kilomètres alors qu'il montait une bicyclette pour la première fois de sa vie. »« Mais toi t'étais là, et si tu l'avais surveillé un tant soit peu t'aurais pu l'arrêter à temps. » J'allais la frapper. J'allais vraiment la frapper quand une infirmière entra dans la pièce pour réclamer Anthéa. Elle l'avait échappée belle. Elle me lança un regard à la fois furieux et apeuré avant de s'éclipser dans le couloir. Alors le silence vint envahir la chambre. Je ne percutai toujours pas. Lentement, je m'avançais vers le lit du défunt. Non, il ne pouvait pas être mort. « Amaury... Amaury c'est bon, la plaisanterie est terminée, tu m'as bien fait badé, tu peux de nouveau parler... » Pourquoi le rire cristallin que j'attendais n'éclatait-il pas? J'attrapai son épaule et le secouai doucement. « Amaury... Amaury... Putain Amaury, parle, dis moi quelque chose... » Pourquoi étais-je si surpris par cette absence de réponse? Alors je tentai le tout pour le tout. Sa chemise était ouverte, et c'est sur son cœur que ma main se posa. Et aucun battement, aucune chaleur ne vint effleurer ma peau. A ce moment, la vérité s'imposa à moi comme un coup de fusil vous transperce le cœur. Amaury était mort. Amaury ne reviendrait jamais. Je n'entendrais plus la voix niaise de mon frère, je ne l'embêterais plus jamais, je n'aurais plus personne à protéger, je n'aurais plus personne à aimer. J'eus le sentiment que ma poitrine se déchirait puis je m'effondrai sur le corps de mon jumeau. « AMAURY! NON, PUTAIN MAIS NON! PRENEZ MA VIE MAIS RENDEZ-MOI AMAURY... Putain... Non... C'est pas vrai... » Dieu avait fait erreur. Le garçon qui aurait dû trouver le sommeil éternel ce n'était pas lui, c'était moi. C'était moi le méchant, lui, c'était le gentil. C'était moi qui aurait dû finir dans ce lit d'hôpital. Je saisis la main d'Amaury mais il ne la serra pas en retour et ça me fit mal. Les larmes commencèrent alors à couler sans pouvoir s'arrêter. J'avais l'impression qu'on m'arrachait le cœur à vif, que la faucheuse venait prendre la partie d'Amaury qui lui appartenait mais qu'elle n'avait pas trouvée en lui. AMTD'AUZAC² c'était terminé. J'allais devoir continuer ma route seul, avec ce vide constant en moi. Cette évidence me semblait tellement impensable, invivable... Le malheur n'arrive qu'aux autres. Bien sur. « A la vie... A la mort... » J'étais mort en même temps que lui. A la seconde où son cœur avait cessé de battre, le mien s'était éteint aussi. Alors pourquoi est-ce que je ne le rejoignais pas?

« chapitre six. »
« Tu sors enfin... »« Ne me touche pas. »« Mais... Tu vas bien? »« Parfaitement, pourquoi? »« T'es vraiment pas humain, Arsène... » Si. Mais j'avais une manière différente de la sienne d'extérioriser ma souffrance. Je m'étais terré dans un mutisme total durant des mois, cloitré dans ma chambre. Puis un jour, je m'étais dit qu'il était temps de vivre à nouveau. Je portais la chaîne de mon frère en plus de la mienne, j'avais décidé de faire des études de médecine parce que c'était ce qu'il voulait faire avant sa mort, j'avais cessé de vivre dans l'opulence et je m'étais calmé sur l'alcool et la drogue. Il m'arrivait parfois de prendre son identité, de me faire passer pour lui. De cette façon, il vivait à travers moi. Mais c'était tout. Je ne parlais jamais de lui. Je faisais comme si je n'avais jamais eu de jumeau. C'était ma façon à moi de me protéger. C'était ainsi que fonctionnait mon système automatique d'anti-douleur. J'avais enfermé tous les souvenirs qui me ralliaient à lui dans une boite, et j'avais enterré cette dernière très très très profond en moi, assez loin pour que personne ne puisse la découvrir ou l'ouvrir. De cette façon, je réussissais à me dire que mon deuil était fait, je me persuadais que j'avais tourné la page. Anthéa me répétait à longueur de temps qu'à force de renier mon passé, il me ressurgirait forcément en pleine gueule un de ces quatre et que j'aurai dix fois plus mal qu'en vivant avec au jour le jour. J'utilisais mon talent de persuasion sur moi même et ça marchait. J'arrivais à dire; "je vais bien" et à le penser. J'arrivais même à me dire que la mort d'Amaury, si elle avait seulement eue lieue, ne m'avait finalement pas tant atteint que ça. Tout le monde se disait;"wouahou, il est sacrément courageux, il a un de ces mental!", et j'y croyais presque. Sauf qu'au fond, j'étais conscient que je me leurrais. Je sentais que la boite était là, que c'était une bombe à retardement. La plaie ne s'était pas refermée et ce n'était pas prêt d'arriver. Je ne l'avais même pas désinfectée, je m'étais juste contenté de foutre un vulgaire pansement dessus. Et le jour où quelqu'un me l'arracherait, ça allait chier pour lui, mais encore plus pour moi. A côté de ça je n'avais pas changé, j'étais toujours le petit con, le petit branleur de service, et ça non plus, ça n'allait pas changer de sitôt.

« J'ai pas de problème avec la nourriture, alors maintenant lâche-moi! » Ma relation avec ma sœur ne s'était pas arrangée. Au contraire. Même si j'avais tendance à "banaliser" la mort de ma moitié au yeux de tous, je l'en tenais responsable, parce qu'il en fallait bien un et que ça me faisait trop mal de me dire que je n'étais pas innocent là-dedans. Encore une défaillance dans mon système d'auto-protection qui prouvait que je ne m'étais remis qu'en surface de la mort d'Amaury. Enfin bref, tandis que moi, je montrai clairement mon hostilité envers Anthéa, elle, elle était devenue extrêmement protectrice. En ce moment, elle me bassinait parce qu'elle disait que j'avais des problèmes alimentaires. Que je valsais entre anorexie, boulimie, et que j'étais sûrement touché par l'orthorexie. Des maladies principalement féminines, soit-dit en passant. Certes, j'entretenais des rapports plutôt malsains avec la nourriture depuis ce fameux jour, mais de la à dire que j'étais atteins d'une "maladie", je trouvais ça excessif. « Rends-toi utile, appelle les parents, j'ai un truc à vous dire. » Chose dite, chose faite, elle se résigna et nous nous retrouvâmes, mes parents, ma sœur et moi dans le grand salon, celui où je m'étais coltiné mille-et-uns sermons. « Père, Mère, Anthéa... J'ai décidé de partir d'ici. »« Où ça?! »« Laisse ton frère parler, ma chérie. »« Je reste sur Paris, mais je m'en vais vivre quelque part, je ne vous dirai pas où, pour refaire ma vie. J'ai envie de changements. » Pour être franc, c'était surtout à cause de mes parents qui avaient tenus à garder la chambre d'Amaury intacte, et ceci avait tendance à secouer un peu les souvenirs que j'avais tant bien que mal enfouis. Ensuite il y avait Anthéa, que je ne supportais plus car je savais qu'elle était à même de faire péter le verrou de la fameuse boite. « Tu es sur de ta décision? »« J'y ai beaucoup réfléchi. »« Très bien, si cela est ton souhait. En contrepartie, nous te demandons de continuer tes études et de te faire discret. Pas de scandales. »« C'était au programme. »« Nous verserons de l'argent sur ton compte tous les mois. »« C'est gentil... »« Pourquoi tu ne veux pas nous dire où tu vas? Tu nous écriras? »« Ça ne te regarde pas. Je suis majeur. Et je vous écrirai sans doute de temps en temps. » Le jour du départ pour les tuileries, c'est cruel, mais je repoussai Anthéa quand elle tenta de me prendre dans ses bras, puis je quittai au plus vite la demeure, ce lieu qui me rappelait beaucoup trop de choses que je préférais oublier. Vivre, vivre de toute mes forces, vivre pour deux. Je lui devais bien ça.


Dernière édition par Arsène M. D'Auzac le Dim 4 Sep - 19:50, édité 32 fois
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Arsène M. D'Auzac

avatar

☎ Courriers : 29
☎ Arrivé(e) le : 31/08/2011
☎ Pseudo : touillou;
☎ Crédits : avatar;sterling ♣ signature;tumblr & lil wayne.
☎ Avatar : robbie wadge.♥

➽ PARIS MATCH
☎ Âge: 19 ans.
☎ Choses à faire:
☎ Les Affinités:

MessageSujet: Re: ARSÈNE ♣ le plus dur c'est pas la chute, c'est l'atterrissage.   Jeu 1 Sep - 12:03


j. ou touillou;

Moi c'est j. et je suis sur terre depuis 15 ans. J'habite en france dans la région de haha, donnez moi un cookie et j'vous le dis . Je serai présente 3/7 jours. J'ai trouvé le forum via bazzart et je dois dire qu'il est supermégatop. Je voudrais également dire que j'espère que le forum ne mourra pas de sitôt I love you .


Dernière édition par Arsène M. D'Auzac le Jeu 1 Sep - 13:49, édité 2 fois
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Invité
Invité



MessageSujet: Re: ARSÈNE ♣ le plus dur c'est pas la chute, c'est l'atterrissage.   Jeu 1 Sep - 12:06

BIIIIIENNNVENUEEEEEE !!!
WADGEEEEEEEEE autant dire que tu as fait un excellent choix
& bonne chance pour ta fiche I love you
Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité



MessageSujet: Re: ARSÈNE ♣ le plus dur c'est pas la chute, c'est l'atterrissage.   Jeu 1 Sep - 12:07

Bienvenue parmi nous, jeune homme
Revenir en haut Aller en bas
Arsène M. D'Auzac

avatar

☎ Courriers : 29
☎ Arrivé(e) le : 31/08/2011
☎ Pseudo : touillou;
☎ Crédits : avatar;sterling ♣ signature;tumblr & lil wayne.
☎ Avatar : robbie wadge.♥

➽ PARIS MATCH
☎ Âge: 19 ans.
☎ Choses à faire:
☎ Les Affinités:

MessageSujet: Re: ARSÈNE ♣ le plus dur c'est pas la chute, c'est l'atterrissage.   Jeu 1 Sep - 12:09

    héhé, je vous amène du mâle de qualité supérieure.
    merci beaucoup à vous deux.

    edit; si jamais une admin passe par là, serait-ce possible de me réserver robbie?
    wouah, maintenant, dès que je vois chris evans, je pense à captain america. /SBAFF/
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Invité
Invité



MessageSujet: Re: ARSÈNE ♣ le plus dur c'est pas la chute, c'est l'atterrissage.   Jeu 1 Sep - 12:16

Welcome
Revenir en haut Aller en bas
Julie Decrême

avatar

☎ Courriers : 54
☎ Arrivé(e) le : 31/08/2011
☎ Pseudo : winter smile.
☎ Crédits : riddle.
☎ Avatar : lucy SEXY hale.

MessageSujet: Re: ARSÈNE ♣ le plus dur c'est pas la chute, c'est l'atterrissage.   Jeu 1 Sep - 12:17

BIENVENUUUE BG .
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Invité
Invité



MessageSujet: Re: ARSÈNE ♣ le plus dur c'est pas la chute, c'est l'atterrissage.   Jeu 1 Sep - 12:19

    Bienvenue
Revenir en haut Aller en bas
Renan P. Biancardi

avatar

☎ Courriers : 59
☎ Arrivé(e) le : 30/08/2011
☎ Pseudo : Delilah
☎ Crédits : ..
☎ Avatar : Luke Grimes

MessageSujet: Re: ARSÈNE ♣ le plus dur c'est pas la chute, c'est l'atterrissage.   Jeu 1 Sep - 12:19

God, Robbie, effectivement tu amènes de la qualitée!

Pour la survie de la gente feminine tu devrais changer d'avatar , tu vas provoquer des crises cardiaque

Il nous faudra absolument un lien, si tu refuses, je ...je brule ta baraque! Arrow

enfin, tout ça pour dire bienvenue parmis nous et bon courage pour ta fiche
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Invité
Invité



MessageSujet: Re: ARSÈNE ♣ le plus dur c'est pas la chute, c'est l'atterrissage.   Jeu 1 Sep - 12:31

bienvenue et bonne chance pour ta fiche I love you .
Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité



MessageSujet: Re: ARSÈNE ♣ le plus dur c'est pas la chute, c'est l'atterrissage.   Jeu 1 Sep - 12:42

Bienvenue
Revenir en haut Aller en bas
Arsène M. D'Auzac

avatar

☎ Courriers : 29
☎ Arrivé(e) le : 31/08/2011
☎ Pseudo : touillou;
☎ Crédits : avatar;sterling ♣ signature;tumblr & lil wayne.
☎ Avatar : robbie wadge.♥

➽ PARIS MATCH
☎ Âge: 19 ans.
☎ Choses à faire:
☎ Les Affinités:

MessageSujet: Re: ARSÈNE ♣ le plus dur c'est pas la chute, c'est l'atterrissage.   Jeu 1 Sep - 13:21

    woaaaah! je pars histoire d'aller casser la croute, je reviens, et touplein de messages de bienvenue.
    quel accueil, merci beaucoup à vous tous.

    renan ♣️ mouhahaha, avec GRIMES ♥️ tu peux parler. tu me fais presque concurrence en sexytude.
    & pas de soucis, t'auras pas besoin de brûler ma maison, j'accepterai avec plaisir un lien delamortquitue.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Invité
Invité



MessageSujet: Re: ARSÈNE ♣ le plus dur c'est pas la chute, c'est l'atterrissage.   Jeu 1 Sep - 13:32

Bienvenue à toi sexybogossitude
Revenir en haut Aller en bas
Arsène M. D'Auzac

avatar

☎ Courriers : 29
☎ Arrivé(e) le : 31/08/2011
☎ Pseudo : touillou;
☎ Crédits : avatar;sterling ♣ signature;tumblr & lil wayne.
☎ Avatar : robbie wadge.♥

➽ PARIS MATCH
☎ Âge: 19 ans.
☎ Choses à faire:
☎ Les Affinités:

MessageSujet: Re: ARSÈNE ♣ le plus dur c'est pas la chute, c'est l'atterrissage.   Jeu 1 Sep - 13:52

    thank you mademoiselle!
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Invité
Invité



MessageSujet: Re: ARSÈNE ♣ le plus dur c'est pas la chute, c'est l'atterrissage.   Jeu 1 Sep - 14:11

Le pseudo + Wadge ! bravo ! :)
Très original tout ça ! & bienvenue au passage ! ;)
Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité



MessageSujet: Re: ARSÈNE ♣ le plus dur c'est pas la chute, c'est l'atterrissage.   Jeu 1 Sep - 14:50

GOSH !! !
Wadge the sexysorgasmicbeaugoss de ma vie !
Obligé on aura un lien très cher

Bienvenue
Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité



MessageSujet: Re: ARSÈNE ♣ le plus dur c'est pas la chute, c'est l'atterrissage.   Jeu 1 Sep - 15:38

bienvenue parmi nous
je t'ai réservé robbie
Revenir en haut Aller en bas
Arsène M. D'Auzac

avatar

☎ Courriers : 29
☎ Arrivé(e) le : 31/08/2011
☎ Pseudo : touillou;
☎ Crédits : avatar;sterling ♣ signature;tumblr & lil wayne.
☎ Avatar : robbie wadge.♥

➽ PARIS MATCH
☎ Âge: 19 ans.
☎ Choses à faire:
☎ Les Affinités:

MessageSujet: Re: ARSÈNE ♣ le plus dur c'est pas la chute, c'est l'atterrissage.   Jeu 1 Sep - 15:55

    héhé merci infiiiiiniment à vous tous, je ne savais pas que mon sexyrobbie plaisait tant.

    amaury ♣️ je suis contente que tu apprécies.
    d'ailleurs amaury, c'est le prénom que j'ai choisi pour le défunt/malade (j'hésite (a)) frère d'arsène.
    sasha ♣️ pas de soucis, avec tonkin en bonus, je ne peux point refuser.
    teddy ♣️ merci pour la réservation.

Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Invité
Invité



MessageSujet: Re: ARSÈNE ♣ le plus dur c'est pas la chute, c'est l'atterrissage.   Jeu 1 Sep - 16:04

BIENVENUE SUR
DRÔLE DE MACARONS

HELLO (a) ! Bienvenue sur notre petit bébé, qui je l'espère va te plaire. Je te souhaite bonne courage pour ta fiche & si tu as la moindre question ou le moindre problème n'hésites pas à demander de l'aide à un administrateur. Notre boite à message privée est là aussi. XOXO (a).


Je ne connais pas ce ROBBIE mais je cela ne me
dérange pas de le croquer xD SEXY (a) (a) !


Dernière édition par Elena Wolkoff-Cartier le Jeu 1 Sep - 16:44, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité



MessageSujet: Re: ARSÈNE ♣ le plus dur c'est pas la chute, c'est l'atterrissage.   Jeu 1 Sep - 16:18

Robbie ! Très bon choix d'avatar. Bienvenue et bonne pour ta fiche. I love you
Revenir en haut Aller en bas
Arsène M. D'Auzac

avatar

☎ Courriers : 29
☎ Arrivé(e) le : 31/08/2011
☎ Pseudo : touillou;
☎ Crédits : avatar;sterling ♣ signature;tumblr & lil wayne.
☎ Avatar : robbie wadge.♥

➽ PARIS MATCH
☎ Âge: 19 ans.
☎ Choses à faire:
☎ Les Affinités:

MessageSujet: Re: ARSÈNE ♣ le plus dur c'est pas la chute, c'est l'atterrissage.   Jeu 1 Sep - 18:04

    elena ♣️ merci beaucouuuup!
    robbie se laissera volontiers croquer par amber. (a)
    romane ♣️ EMMAAAA.
    merci à toi n'aussi!
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Invité
Invité



MessageSujet: Re: ARSÈNE ♣ le plus dur c'est pas la chute, c'est l'atterrissage.   Jeu 1 Sep - 18:39

BIENVENUE !
Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité



MessageSujet: Re: ARSÈNE ♣ le plus dur c'est pas la chute, c'est l'atterrissage.   Jeu 1 Sep - 18:40

De rien croquage avec plaisir (a).
Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité



MessageSujet: Re: ARSÈNE ♣ le plus dur c'est pas la chute, c'est l'atterrissage.   Jeu 1 Sep - 20:07

BIENVENUE
Bonne chance pour ta fiche (:
Revenir en haut Aller en bas
Contenu sponsorisé




MessageSujet: Re: ARSÈNE ♣ le plus dur c'est pas la chute, c'est l'atterrissage.   

Revenir en haut Aller en bas
 
ARSÈNE ♣ le plus dur c'est pas la chute, c'est l'atterrissage.
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 2Aller à la page : 1, 2  Suivant
 Sujets similaires
-
» Huile de carotte (Macérat...)
» [B.A.N.] MAUPERTUS
» La chute de feu, une vision très rare
» besoin de comprendre..
» Italie: Chute du gouvernement Prodi...

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
☂ DRÔLES DE MACARONS™ :: ► gestion des personnages :: Les présentations. :: Bienvenue à Paris.-
Sauter vers: